6h du matin, Monrovia. Le voyage vers le Burkina Faso s´annonce mal: Anthony et moi cassons tour à tour nos lunettes à 10 min d intervalles!
Effectivement, nous mettrons 4 jours et demi pour arriver à Bobo Dioulasso ! 4 jours et demi sur la route, de panne en panne, de crevaison en crevaison etc.… pour traverser 3 frontières (Liberia-Guinee, Guinee-Mali, Mali-Burkina Faso). Tout cela pour éviter de traverser la Côte d´Ivoire (plus direct, mais cela veut dire traverser le territoire aux mains des rebelles)!
4 jours et demi sur la route, cela veut dire : une seule nuit passée dans un vrai lit, 3 nuits passées inconfortablement dans les bus, une bonne dizaine de baguettes-vache-qui-rit, 72h non stop passées avec ses lentilles aux yeux pour Anthony, 3 jours sans douche (j´ai quand même pris une douche aux douches publiques de la gare routière de Bamako, entre deux bus), et combien de kilos de fatigue en plus dans les jambes ? 3 pneus crevés, 11h d´attente dans les gares routières, un réveillon de Noël passé à dormir par terre dans une gare routière frigorifiés, 8h de trajet extra, à cause d´un mauvais renseignement obtenu à la gare de Kankan… celui qui a dit : « le chemin le plus court pour aller d´un point A à un point B est la ligne droite » n´est :
a) soit pas africain
b) soit ne connaît pas ou n´a jamais fait les routes d´Afrique !
Nous arrivons finalement le 25 décembre à Bobo, à midi, le jour de Noël… nous nous reposons avec plaisir dans le calme de cette ville tranquille, paisible, amicale et agréable. Les burkinabé se révèlent fidèles à leur réputation : chaleureux et accueillants. Nous nous y sentons bien.
On a beaucoup de travail en retard à rattraper (avec tous ces jours et nuits perdus sur la route) mais on profite de quelques jours de vacances, pour recharger nos batteries après quelques semaines sans relâche. Ici, nous travaillons avec l´AED : Association Espoir pour Demain., une association de soutien aux enfants en situation particulièrement difficile, aux enfants infectés ou affectés par le virus du VIH/SIDA, aux femmes enceintes séropositives et au couple mère-enfant séropositif.
Avec l´aide précieuse de Sophie, une éducatrice française, nous faisons des ateliers de peinture et de poésie avec ces très jeunes enfants (parmi les plus jeunes que nous ayons eus). Pour ce qui est de la photographie, nous ne travaillons pas avec les enfants du centre, étant donné que nous n´avons pas obtenu l´autorisation parentale nécessaire. Qu´à cela ne tienne, nous prenons donc des photos de triplés de 12 ans. Le trio est adorable et très créatif, mais c´est difficile de prendre des photos posées après tant de travail en instantané, sur le vif !
Au Burkina, nous découvrons les délices du mouton grillé, assaisonné de soumbala, un piment en poudre fait d épices, sel, et maggi. La viande est tendre, juteuse, délicieuse… nous nous fidélisons au stand d´un homme, qui a installé son barbecue au bord de la route, et chez lequel nous passons prendre une portion de mouton chaque soir plus grande, sur le chemin de notre hôtel.
Nous profitons encore de Bobo et de sa vie paisible de province (pourtant la deuxième ville du pays) avant de reprendre le chemin du Mali… route qui sera également très riche en incidents de tous genre, que nous réservons pour un prochain travelogue… Pourra-t-on faire sur ce voyage un seul trajet, rien qu´un, sans incident?
Stéphanie
Bangui (Central African Republic) February 21, 2006